Evaluation de la qualité des eaux superficielles

La qualité de l’eau diffère dans l’espace et dans le temps et mais aussi plus globalement selon les milieux. Par exemple, la qualité des eaux du marais est différente de celle d’un cours d’eau gravitaire. En conséquence, il n’est pas toujours aisé d’avoir une vision globale à l’échelle d’un bassin versant comme celui du Marais Breton et de la Baie de Bourgneuf qui présente des caractéristiques variées.

D’amont en aval, la qualité des eaux superficielles peut être décrite de la manière suivante :

– Dans la partie bocagère du bassin versant, la qualité de l’eau semble être stabilisée et ce malgré l’augmentation des pressions, notamment anthropiques (augmentation démographique, augmentation des activités ou des pratiques agricoles…).

  • Le paramètre « nitrate » (NO3) présente le plus souvent des concentrations inférieures à 50 mg/l même si quelques points noirs demeurent comme pour le ruisseau du Loup Pendu.
  • Les paramètres qui impactent le plus la qualité de l’eau superficielle sont liés à des problèmes de ruissellement sur les terres agricoles et/ou à des rejets organiques. Il s’agit notamment du phosphore total (P), des orthophosphates (PO4), du taux de Carbone Organique Dissous (COD) voire de la matière organique. Les concentrations peuvent entrainer des phénomènes d’eutrophisation et une chute drastique du taux d’oxygène notamment lors de l’étiage. Les conséquences s’observent sur les indices biologiques, le plus souvent moyens à mauvais car les espèces les plus sensibles ont disparu.
  • Le suivi des produits phytosanitaires a été renforcé à partir de 2012, des 3 points existants, 6 supplémentaires sont pris en charge par l’ADBVBB et un septième en 2015. Les principales molécules détectées concernent les herbicides génériques du type « glyphosates et métababolites » mais dans certains cas, on retrouve des molécules plus spécifiques notamment là où il n’y avait pas de suivi auparavant. Les suivis confirment la présence de molécules partout où elles sont cherchées. Tous les points sont susceptibles de dépasser les objectifs du SAGE (1µg/l pour la somme des molécules détectées) mais deux d’entre eux présentes systématiquement des quantités élevées : le Taizan et le Loup Pendu.

– Dans les marais, en plus des suivis des Conseils départementaux de Vendée et de Loire-Atlantique, un nouveau suivi depuis 2014, a été mis en place à titre expérimental. Il s’intègre dans un réseau de suivi des marais rétro littoraux de l’Arc Atlantique en France à la demande de l’Agence de l’Eau et en collaboration avec le Forum des Marais Atlantique, le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’université de La Rochelle, l’UNIon des MArais de Charente-Maritime (UNIMA) et le Conseil Départemental de la Vendée. Il s’agit d’analyser le phytoplancton dans les étiers afin de mesurer les causes -naturelles ou anthropiques- d’un éventuel enrichissement du milieu. Un point sur le Dain est financé par l’ADBVBB et 3 autres également dans le Marais Breton par le Conseil Départemental de la Vendée. Les premiers résultats montrent qu’il convient d’utiliser l’indicateur trophique (l’analyse des phytoplanctons) pour qualifier l’état de fonctionnement du marais. En effet, le phytoplancton est la base de la chaîne alimentaire aquatique. Lorsqu’il est de petite taille (≤ 3µm), il n’est pas consommé par le zooplancton. En mourant, il favorise la boucle microbienne (ex : développement des cyanobactéries), prive le milieu de son oxygène et participe à l’augmentation du phosphore dans l’eau. A l’inverse le phytoplancton de grande taille (≥20µm) est consommé par le zooplancton lui-même consommé par des prédateurs « supérieurs » (macro-invertébrés, alevins de poisson…), il s’intègre mieux dans la chaîne alimentaire. Le système est alors plus équilibré. Des résultats plus précis de cette expérimentation sont prévus pour 2017.

– A l’amont des portes à la mer, des suivis bactériologiques sont  réalisés directement dans l’eau. En 2013, l’ADBVBB a intensifié le nombre de prélèvements passant ainsi d’une fréquence d’analyse de 6 à 9 chaque année. En 2016, l’ensemble des exutoires à la mer en baie de Bourgneuf -soit 11 points- feront l’objet de prélèvement et d’analyses à une fréquence 9. Pour le moment aucun lien n’a pu être établi entre la qualité de l’eau à la sortie des étiers et d’éventuelles contaminations d’Escherichia coli dans les coquillages de la baie. A tour de rôle chaque étier peut présenter des concentrations importantes. En période hivernale ou lors des manœuvres de vannes et de la remise en écoulements vers l’océan des étiers comme en octobre 2014, les résultats apparaissent plus mauvais. Depuis mars 2014 à la demande des élus et des professionnels, un nouveau protocole de suivi de a été mis en place en collaboration avec l’Ifremer et l’ARS. Il s’agit de positionner des poches de coquillages dans les étiers salés ou à proximité des sites de production ou de pêche à pied. Lorsqu’une contamination supérieure à 4600 E. coli est détectée dans le cadre du REMY et/ou du suivi des sites de pêche à pied, les coquillages sont retirés et leur chair et liquide inter-larvaire sont analysés de manière à identifier les sources de pollution.


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