Evaluation de la qualité des eaux superficielles

La qualité de l’eau diffère dans l’espace et dans le temps mais aussi plus globalement selon les milieux. Par exemple, la qualité des eaux du marais est différente de celle d’un cours d’eau gravitaire. En conséquence, il n’est pas toujours aisé d’avoir une vision globale à l’échelle d’un bassin versant comme celui du Marais Breton et de la Baie de Bourgneuf qui présente des caractéristiques variées.

D’amont en aval, la qualité des eaux superficielles peut être décrite de la manière suivante :

– Dans la partie bocagère du bassin versant, la qualité de l’eau semble être stabilisée et ce malgré l’augmentation des pressions, notamment anthropiques (augmentation démographique, augmentation des activités ou des pratiques agricoles…).

  • Le paramètre « nitrate » (NO3) présente le plus souvent des concentrations inférieures à 50 mg/l même si quelques points noirs demeurent comme pour le ruisseau du Loup Pendu (cf carte qualité « nitrate » 2017-2019).
  • Les paramètres qui impactent le plus la qualité de l’eau superficielle sont liés à des problèmes de ruissellement sur les terres agricoles et/ou à des rejets organiques. Il s’agit notamment du phosphore total (P) (Cf carte qualité « phosphore total » 2017-2019), des orthophosphates (PO4), et surtout du taux de Carbone Organique Dissous (COD) voire de la matière organique. Les concentrations peuvent entrainer des phénomènes d’eutrophisation et une chute drastique du taux d’oxygène notamment lors de l’étiage (cf carte qualité « oxygène dissous » 2017-2019). Les conséquences s’observent sur les indices biologiques, le plus souvent moyens à mauvais car les espèces les plus sensibles ont disparu.
  • Le suivi des produits phytosanitaires, renforcé à partir de 2012, comprend 7 points. Les principales molécules détectées concernent les herbicides génériques du type « glyphosates et métababolites » mais dans certains cas, des molécules plus spécifiques sont retrouvées. Ces suivis confirment la présence de molécules partout où elles sont cherchées. Tous les points sont susceptibles de dépasser les objectifs du SAGE (1µg/l pour la somme des molécules détectées) mais deux d’entre eux présentes systématiquement des quantités élevées : le Taizan et le Loup Pendu (cf carte qualité « pesticides » 2017-2019).

– Dans les marais, en plus des suivis des Conseils départementaux de Vendée et de Loire-Atlantique, une expérimentation a été mise en place entre 2014 et 2018. Elle s’intègre dans un réseau de suivi des marais rétro littoraux de l’Arc Atlantique en France à la demande de l’Agence de l’Eau et en collaboration avec le Forum des Marais Atlantique, le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’université de La Rochelle, l’UNIon des MArais de Charente-Maritime (UNIMA) et le Conseil Départemental de la Vendée. Il s’agit d’analyser le phytoplancton dans les étiers afin de mesurer les causes -naturelles ou anthropiques- d’un éventuel enrichissement du milieu. Un point sur le Dain a été financé par l’ADBVBB et 3 autres également dans le Marais Breton par le Conseil Départemental de la Vendée. Les premiers résultats montrent qu’il convient d’utiliser l’indicateur trophique (l’analyse des phytoplanctons) pour qualifier l’état de fonctionnement du marais. En effet, le phytoplancton est la base de la chaîne alimentaire aquatique. Lorsqu’il est de petite taille (≤ 3µm), il n’est pas consommé par le zooplancton. En mourant, il favorise la boucle microbienne (ex : développement des cyanobactéries), prive le milieu de son oxygène et participe à l’augmentation du phosphore dans l’eau. A l’inverse le phytoplancton de grande taille (≥20µm) est consommé par le zooplancton lui-même consommé par des prédateurs « supérieurs » (macro-invertébrés, alevins de poisson…), il s’intègre mieux dans la chaîne alimentaire. Le système est alors plus équilibré.

Concernant l’eau des étiers analysés dans le Marais Breton, les premiers résultats montrent que le milieu est dit « mature ». En effet, le phytoplancton se développe tôt dans la saison (fin d’hiver début de printemps) et se sont rapidement les individus de petite taille (≤ 3µm), qui se développent au détriment des plus grands. La chaîne alimentaire y est donc très courte et favorise la « boucle microbienne ». L’étier de Sallertaine présente par ailleurs des taux d’ammonium élevés (en lien avec des rejets d’assainissement) et une remontée d’eau salée en amont des portes à la mer lors des périodes sèches et estivales. L’arrivée ponctuelle de l’eau salée ou saumâtre modifie considérablement les conditions de vie dans l’étier.

– A l’amont des portes à la mer, des suivis bactériologiques sont  réalisés directement dans l’eau. Depuis 2016, le nombre de prélèvements a été intensifié passant ainsi d’une fréquence d’analyses de 6 puis 9 et maintenant 12 chaque année (1 prélèvement/mois). Pour le moment aucun lien n’a pu être établi entre la qualité de l’eau à la sortie des étiers et d’éventuelles contaminations d’Escherichia coli dans les coquillages de la baie. A tour de rôle chaque étier peut présenter des concentrations importantes mais certains points sont plus sensibles au risque de contamination (ex: étiers du Ribandon et du Moulin sur l’île de Noirmoutier, canal de Haute-Perche, étier du Dain, étier de Sallertaine sur le continent). En période hivernale ou lors des manœuvres de vannes et de la remise en écoulement des étiers vers l’océan, les résultats apparaissent plus mauvais.


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